La condamnation dont est victime le Docteur Balanganayi sur les réseaux sociaux traduit un manque criant de connaissance du contexte et de l’intention ayant conduit à la commission des faits et ne relève que de la pure émotion.
Il s’agit d’un instant, un clin d’œil ou la vie peut se transformer en la mort et le chaos. Dans une salle d’accouchement, face à une mineure, primipare, terrifiée par la douleur d’enfantement puis par un accouchement difficile. Son corps se vide de sang et son tempérament ne permet aucune intervention.
Dans cet état de choc et d’inconscience, l’accouchée mineure repousse violemment tous ceux qui tentent de la soigner, malgré une hémorragie abondante.
Trois médecins, plusieurs infirmiers et aides accoucheuses ont cédé et abdiqué face à la résistance de la dame. Mais il aura fallu un geste courageux pour sauver cette vie en danger de mort.
Pour David Balanganayi, rester passif aurait constitué une double faute :
– La violation du serment d’Hippocrate, qui impose de soigner en toute circonstance;
– Une non-assistance à personne en danger, puisque le pronostic vital était engagé à très court terme.
Certains vont jusqu’à préconiser qu’il aurait utilisé une autre méthode pour l’endormir afin de lui administrer les soins. C’est mal connaître les conditions de travail dans ce coin de la capitale Kinshasa. La formation hospitalière de Kinkole où exerce le Dr Balanganayi est dépourvue d’anesthésie! Et le temps faisait défaut pour s’en procurer sans mettre en danger la patiente. Et pendant ce temps juste à la porte de la salle d’accouchement, trois autres femmes hurlaient leur propre détresse, attendant d’être prises en charge par le même médecin traitant.
Dans ce contexte, les intimidations de la patientes doivent être mises dans le sac d’un acte pour sauver et non pour maltraiter, d’ailleurs pourquoi l’aurait il maltraitée car ne la connaissant que comme patiente. Ce n’était pas un geste de colère. D’ailleurs, c’est
grâce à cette intervention de la dernière chance, que l’hémorragie a été stoppée par une suture pratiquée tranquillement.
Si l’acte est jugé sévère, l’intention était noble. La finalité a prouvé que parfois la méthode forte finit par produire des résultats.
Un sage a dit : « J’aimerai un médecin capable de me traiter durement pour me garder en vie que celui qui me cajole en me laissant mourir à petit feu ».
