Près de 80 corps sont abandonnés à la morgue des cliniques universitaires de Kinshasa. Docteur Jean-Robert Makulo, médecin directeur qui lance donc un cri d’alarme précise qu’il s’agit de corps abandonnés de bébés nés avec malformation, des bébés décédés en période néonatale, des personnes de 3eme âge et des patients de CNPP sans soutien familial.
Le docteur Makulo affirme que toutes les démarches menées auprès du ministre provincial de la Santé pour l’inhumation sont restées sans succès depuis plus d’un an.
» La morgue des cliniques universitaires de Kinshasa, il ne dispose que de 16 places. Comprenez que quand il y a 77, approximativement 80 corps abandonnés, ça pose un sérieux problème de places au niveau de la morgue. Donc, faisons un appel au gouverneur de la ville, au ministre provincial de la Santé, pour qu’on organise l’enterrement de ces corps. Certaines familles ont des adresses bien identifiées. Les familles doivent venir récupérer les corps et organiser les enterrements. La conservation prolongée des corps abandonnés fait courir le risque de leur décomposition. Et ça, ça représente une menace de santé publique. Donc, nous confirmons qu’il y a encore des corps abandonnés à la morgue »
Le médecin directeur des cliniques interpelle ainsi le gouvernement provincial rappelant que l’inhumation des corps abandonnés relève de ses prérogatives. Il indique par ailleurs que la conservation prolongée des corps abandonnés augmente le risque des décompositions et constitue une menace pour la santé publique.
» L’hôpital a mené toutes les démarches, au niveau des autorités de la ville, notamment au niveau du ministère provincial de la Santé, les démarches ne sont pas encore abouties. L’hôpital a fait des efforts parce que tous ces corps, on les a embaumés. L’hôpital a même déjà acheté des sacs mortuaires. Vous voyez, ce sont des dépenses qui ne sont pas prévues au niveau de l’hôpital. Mais la capacité de notre morgue est limitée. Alors, pour ces familles identifiées, ces familles peuvent venir récupérer les corps parce que quand il y aura une décomposition, à ce moment-là, il y aura des interpellations. Mais il faut déjà résoudre ce problème. Et là, c’est d’abord la responsabilité du gouvernorat » a-t-il renchérit.
Junior Mukuna
