Ange Makadi Ngoy se définit comme une féministe, une femme noire, fièrement congolaise et africaine. Cette semaine, le Desk femme de Topnews.cd est allé à la rencontre de cette congolaise passionnée par l’apprentissage et la compréhension du monde qui l’entoure. « Je suis très visuelle et j’aime l’art visuel », confie-t-elle.
Actuellement, Ange travaille à Ebuteli, une institution congolaise dédiée à la recherche sur la politique, la gouvernance et la violence. Elle est également engagée de manière bénévole dans des initiatives littéraires et culturelles.
Son parcours académique
Ange a obtenu une licence en journalisme et communication à l’Université de Lubumbashi (UNILU), après avoir décroché un diplôme en commercial administratif au Lycée Mpiko de Lemba. Sa soif de connaissances l’a également conduite à suivre une formation en photographie documentaire à la VII Academy. Ce parcours académique varié lui a permis de développer des solides compétences pour son engagement professionnel et personnel.
Une femme aux multiples casquettes
Actuellement responsable de communication et chercheuse à Ebuteli, Ange s’investit également dans des initiatives littéraires et culturelles, ainsi que dans des actions de protection de l’environnement. En 2019, elle a été reconnue comme jeune championne de la paix, un titre qui a renforcé son engagement envers la paix et la sécurité. « Je travaille aussi sur la publication de mon premier roman », révèle-t-elle, tout en menant une campagne sur la précarité menstruelle, plaidant pour l’accès gratuit aux protections hygiéniques pour toutes les femmes.
Avec son amie Linda, elle s’apprête à lancer un podcast intitulé Silence ! Les femmes parlent !, un espace de parole pour les femmes afin de partager leurs réalités et luttes.
Des rêves et des ambitions
Ange nourrit de grands rêves, notamment celui de devenir romancière et psychologue. « J’anime déjà une chronique axée sur la santé mentale via les réseaux sociaux », explique-t-elle, soulignant l’importance de ce sujet dans la société. Elle voudrait un jour ouvrir un centre de consultation, car la santé mentale reste un tabou qu’elle souhaite combattre. « La vie est pleine de surprises et de détours », dit-elle en réfléchissant à son parcours. Petite, elle voulait être comptable, puis magistrate, avant de se tourner vers le journalisme en 2011, un choix qui a ouvert de nouvelles perspectives dans sa vie.
Quel est votre secret dans la profession ?
Ange affirme qu’elle parle peu et écoute beaucoup. Elle a eu la chance d’avoir des mentors et des aînés qui lui ont donné de précieux conseils, notamment une dame formidable nommée Kikie Kibambi. Elle mise toujours sur ses forces, surtout l’écriture, et elle est avide de retours, car elle pense que l’humilité est essentielle pour progresser. La lecture est un pilier fondamental dans sa vie, tout comme la préparation et la rigueur. Elle a également appris à travailler sa confiance en elle et se rappelle sans cesse : « There’s nothing that I cannot do. »
Un message particulier pour toutes les femmes
Ange Makadi incarne une voix forte et déterminée dans la lutte pour les droits des femmes. Elle rappelle que « la vie est pleine de surprises et de détours » et encourage toutes les femmes à affirmer leurs choix et à rester fidèles à elles-mêmes. « Osez vos idées, osez parler, continuez à vous former, à lire et à croire en vous », conclut-elle.
Elle souligne également l’importance de la vigilance et du courage pour les femmes, en particulier les femmes noires, face aux défis sociétaux. « Vos décisions seront souvent remises en question à cause de votre genre. Il faut apprendre à affirmer ses choix et rester fidèle à soi-même. »
Ange évoque aussi la violence faite aux femmes dans les espaces numériques, un sujet qui lui tient à cœur. « La cyberviolence réduit trop souvent les femmes au silence. Ce fléau doit être combattu, au même titre que les violences physiques et sexuelles. »
Enfin, elle adresse un message poignant à toutes les femmes, en particulier celles de l’Est de la RDC, confrontées à une situation sécuritaire dramatique : « La paix n’est pas une demande aux autorités, c’est une obligation. À toutes les femmes qui subissent des violences, physiques, sexuelles ou psychologiques : vous n’êtes pas coupables. Ne vous taisez pas. Le silence ne doit jamais être de notre côté. »
Ruth Kutemba
