Pour la quatrième nuit consécutive, plusieurs villes du Maroc ont été secouées par des heurts entre manifestants et forces de l’ordre. À l’origine de cette contestation : GenZ 212, un collectif virtuel né sur Discord et relayé massivement sur les réseaux sociaux. Ses membres réclament des réformes profondes dans les secteurs de la santé et de l’éducation.
Mardi soir, les tensions ont particulièrement éclaté à Inzegane et Aït Amira, près d’Agadir, ainsi qu’à Beni Mellal et Oujda. Sur les réseaux circulent des vidéos montrant de jeunes protestataires, parfois cagoulés, lançant des pierres sur les forces de sécurité et incendiant des poubelles, des barrières et même les abords d’un centre commercial.
À Rabat, plus de 200 jeunes ont été interpellés au cours des trois derniers jours. Selon l’Association marocaine des droits humains (AMDH), la majorité a été relâchée, mais 37 personnes devront comparaître à partir du 7 octobre. À Casablanca, le parquet a par ailleurs engagé des poursuites contre 18 individus, dont six mineurs, pour entrave à la circulation lors d’un précédent rassemblement.
Un collectif virtuel aux revendications sociales
Apparu récemment, le collectif GenZ 212 se présente comme un espace d’échanges sur des thématiques touchant « l’ensemble des citoyens » : la santé, l’éducation ou encore la lutte contre la corruption. Dans un communiqué publié mardi soir, ses initiateurs ont dit « regretter » les violences et ont rappelé l’importance du caractère pacifique des mobilisations.
Malgré cet appel au calme, les autorités poursuivent l’ouverture de dossiers judiciaires dans plusieurs localités.
La contestation met en lumière une exaspération croissante face aux inégalités sociales et à la dégradation des services publics. La tension s’était déjà cristallisée à Agadir, après la mort de huit femmes enceintes dans un hôpital public, un drame qui avait suscité l’indignation.
Face à cette montée de colère, le gouvernement a affirmé se dire prêt à engager le dialogue.
