La représentante du Secrétaire général des Nations unies en République démocratique du Congo et cheffe de la MONUSCO, Bintou Keïta, a déploré, ce mardi 30 septembre, le fossé persistant entre les décisions du Conseil de sécurité de l’ONU et les réalités sur le terrain dans l’Est de la République. Devant les États membres de cette instance de l’ONU, Bintou Keïta est revenue sur une série de mesures prises par le Conseil de sécurité sur la RDC dont les résultats restent mitigés sur le terrain.
« Le 21 février, le Conseil a adressé un message clair à toutes les parties en adoptant la résolution 2773. Cette résolution appelait notamment à une cessation immédiate et inconditionnelle des hostilités et exhortait l’AFC/M23 à cesser les combats, à se retirer de Goma, de Bukavu et de toutes les autres zones contrôlées et à mettre fin à son administration parallèle. Huit mois plus tard, les principales dispositions de la résolution 2773 restent largement non appliquées. Malgré les demandes du Conseil, l’AFC/M23 a poursuivi sa logique d’expansion et de consolidation territoriale », a déploré Bintou Keïta, cheffe de la MONUSCO, dans son discours.
Face à ce tableau, la cheffe de la MONUSCO, Bintou Keïta, appelle le Conseil de sécurité à « traduire ses engagements en véritables progrès sur le terrain ».
« Cela souligne le décalage persistant entre les décisions du Conseil et la réalité sur le terrain. J’appelle le Conseil et tous les partenaires à parvenir à un cessez-le-feu permanent et à un accord de paix durable qui instaurera la stabilité dans l’est de la RDC. Ce n’est qu’à cette condition que les engagements se traduiront par des progrès significatifs pour la population. La MONUSCO, pour sa part, reste pleinement engagée à soutenir les efforts de paix en cours et se tient prête à jouer son rôle dans la mise en œuvre d’un cessez-le-feu permanent, à condition qu’elle reçoive un mandat clair du Conseil et les ressources nécessaires », a souligné Bintou Keïta.
Dans son exposé, Bintou Keïta a mis en exergue quelques avancées enregistrées dans les initiatives diplomatiques de Washington et celle de Doha, sous la médiation du Qatar.
Le processus de paix entre la RDC et le Rwanda connaît de nouveaux retards. Prévu pour démarrer dès la mi-juin, avec la mise en place d’un mécanisme conjoint de coordination de la sécurité et un calendrier précis, il a rapidement buté sur des désaccords de fond. Les discussions de septembre ont mis en lumière des divergences persistantes, notamment sur le rôle du M23, le soutien présumé du Rwanda et la responsabilité de neutraliser les FDLR.
