Le président malgache Andry Rajoelina s’est adressé à la nation lundi 13 octobre au soir, dans une vidéo diffusée sur les réseaux sociaux. Confronté à une contestation grandissante, y compris au sein de l’armée, le chef de l’État a affirmé que le seul moyen de sortir de la crise actuelle était de « respecter la Constitution ».
Aucune précision n’a toutefois été donnée sur le lieu où il se trouve.
Dans ce message enregistré, Rajoelina a écarté toute idée de démission, assurant se trouver dans un « lieu sûr » après avoir été visé, selon lui, par une « tentative de meurtre ».
Cette première prise de parole intervient alors que plusieurs militaires ont rallié la contestation, intensifiant les appels à son départ. Selon Radio France Internationale (RFI), le président aurait quitté le territoire malgache. D’après la même source, il aurait embarqué dimanche à bord d’un avion militaire français à destination de La Réunion, avant de poursuivre son voyage vers une autre destination avec sa famille.
RFI évoque un accord avec le président Emmanuel Macron pour faciliter cette exfiltration, une information que le chef de l’État français n’a « ni confirmée ni infirmée », se disant simplement « très préoccupé » par la situation à Madagascar.
Pendant ce temps, la capitale Antananarivo a connu de nouvelles scènes de liesse lundi, où des milliers de manifestants et des militaires ont célébré le ralliement de ces derniers à la contestation. Le mouvement de protestation, né le 25 septembre, réclame depuis plusieurs semaines la démission du président.
Ce week-end déjà, Andry Rajoelina dénonçait depuis un lieu inconnu « une tentative illégale de prise du pouvoir ». En parallèle, un décret présidentiel a accordé lundi des remises de peine à plusieurs détenus, dont le Franco-Malgache Paul Maillot Rafanoharana, incarcéré depuis 2021 pour tentative de coup d’État — un dossier qui avait provoqué des tensions entre Paris et Antananarivo.
