L’Université des Sciences de l’Information et de la Communication (UNISIC), ex-Institut des Sciences et Techniques de l’Information (IFASIC/ISTI), traverse une zone de fortes turbulences. En cause : l’annulation systématique de toutes les décisions d’engagement prises entre 2022 et 2025 par l’ancien comité de gestion dirigé par le Professeur émérite Jean Kambayi Bwatshia.
Sous la conduite de la rectrice Espérance Bayedila Bakanda, cette mesure a eu pour conséquence immédiate le renvoi de plus de 250 agents académiques, scientifiques et administratifs, replongeant plusieurs jeunes professionnels dans le chômage. Une décision jugée inopportune et incompréhensible la communauté universitaire.
Pour plusieurs observateurs, cette démarche révèle une nostalgie persistante de l’ISTI d’antan, époque où l’institution fonctionnait avec une logique proche du privé. Or, rappellent-ils, l’UNISIC est aujourd’hui un établissement public, régi par les normes de l’État et appelé à s’inscrire dans la vision nationale de renforcement de l’enseignement supérieur.
Devenu université à part entière, l’établissement avait l’obligation de consolider son personnel académique et administratif afin d’améliorer la qualité de la formation. L’engagement du personnel intervenu entre 2022 et 2025 répondait précisément à cette exigence structurelle. Il est, de l’avis de nombreux enseignants, inadmissible qu’une université ne fonctionne qu’avec une dizaine d’assistants, situation qui compromet gravement l’encadrement des étudiants et la production scientifique.
Cette vague d’annulations apparaît ainsi en totale contradiction avec la vision du Chef de l’État, qui met l’accent sur la promotion de la jeunesse, la création d’emplois et l’amélioration de la qualité de l’enseignement supérieur. Dans ce contexte tendu, des voix s’élèvent pour interpeller la MINESURSI afin qu’elle prenne ses responsabilités et évite une crise institutionnelle durable au sein de cette université stratégique pour la formation en sciences de l’information et de la communication en République démocratique du Congo.
