Madame Marianne Mujing Yav Muland est actuellement vice-présidente de l’Union Nationale de la Presse du Congo (UNPC) en République Démocratique du Congo. C’est une figure emblématique du journalisme dans ce pays d’Afrique centrale. Fille d’André Muland Chimbind et de Marie-Espérance Mukoko Ngoy, Marianne est née à Kinshasa, la capitale du pays, et est l’aînée d’une fratrie de huit enfants, dont cinq sont encore vivants.
Avec une licence en Lettres, option langue et littérature françaises, elle a commencé sa carrière journalistique toute jeune en 1995, accumulant ainsi plus de 30 ans d’expérience. Elle évolue dans la presse audiovisuelle et écrite. Son parcours est jalonné de succès et d’engagement, faisant d’elle une professionnelle respectée et admirée dans son pays.
Le Desk Femme de Topnews.cd est allé cette semaine à la rencontre de Marianne, une femme déterminée et passionnée par son métier.
Un Parcours Professionnel qui inspire
Marianne YAV a su se forger une solide réputation au sein des médias privés à Kinshasa, Kolwezi et Lubumbashi. Membre du comité sectionnaire de l’UNPC-Katanga depuis 2014, elle a occupé plusieurs postes, notamment celui de secrétaire, puis de présidente. En septembre 2024, elle est élue vice-présidente de l’UNPC au niveau national. Son engagement dans la presse lui a ouvert de nombreuses portes, lui permettant de devenir une membre active d’associations telles que l’Union Internationale de la Presse Francophone (UPF), FREMAC et FILEP.
« La personne que je suis devenue est en partie le reflet de mes ambitions. Mais ce n’est pas fini. Je suis encore confiante en l’avenir », affirme-t-elle avec détermination.
Marianne est consciente des responsabilités qui l’accompagnent, surtout lorsqu’elle est qualifiée de « Grande Dame ». Elle ressent ce titre comme un rappel constant de la nécessité de veiller à son image et à ses actions.
La Clé de Son Efficacité
Interrogée sur son efficacité, Marianne déclare : « Ce qui me rend si efficace dans la profession, c’est la recherche du savoir et le souci de toujours apprendre et surtout s’autoformer ».
Elle souligne l’importance de la formation continue et de la lecture pour enrichir sa culture générale. Avec le combat qu’elle a mené au niveau de la corporation, elle se réjouit de voir les journalistes prendre conscience du rôle crucial de l’UNPC et de la valeur de la carte de presse, contribuant ainsi à l’intégrité de la profession.
Partagez-nous vos meilleurs souvenirs
Marianne évoque avec émotion ses souvenirs dans le métier. « Un souvenir heureux, c’est le plaisir de servir les téléspectateurs, auditeurs et followers à travers les reportages, magazines et enquêtes ». Cependant, elle n’hésite pas à partager les défis qu’elle a rencontrés, notamment les mensonges de certains confrères, qu’elle considère comme une réalité de la vie professionnelle : « Je suis victime des mensonges de la part de mes confrères et consœurs. Je me dis au même moment, c’est ça la vie. » Confie-t-elle.
Les journalistes sont-ils protégés en RDC ?
Concernant la protection des journalistes en RDC, Marianne souligne qu’il reste encore beaucoup à faire : « Les professionnels de médias dans ce pays de Lumumba sont encore victimes des politiques du pays. Tant qu’il y aura le trafic d’influence des politiques et les pesanteurs politiques sur la liberté d’expression et de la presse, les journalistes ne seront jamais protégés.»
Marianne YAV appelle à la mise en application des lois régissant la presse et à une prise de conscience collective sur la liberté d’expression :
«Il est temps de mettre en application tous les textes qui nous régissent : la nouvelle loi de la presse, le code d’éthique et de déontologie des journalistes en RDC ; mais rappeler également aux consœurs et confrères que la liberté de la presse n’est pas le libertinage de la presse , c’est- à- dire les journalistes ne sont pas des militants, ne sont pas des communicateurs... », dit-elle.
Les Menaces dans la profession
« Parlons-en, j’ai été victime plusieurs fois de menaces et d’intimidations, surtout de la part de certains politiques, » a-t-elle déclaré en s’interrogeant : « Quel jour pourrons-nous dire que nous vivons vraiment la liberté de la presse ? » C’est aussi une manière de nous rappeler, en tant qu’UNPC, ONG de défense des droits de l’homme et associations œuvrant pour la liberté de la presse, qu’il reste encore beaucoup à faire. »
La Politique vous tente?
Interrogée sur une éventuelle carrière politique, Marianne répond avec prudence : « Pourquoi ne pas faire la politique un jour, mais malheureusement la politique congolaise a fait une mauvaise démonstration. La plupart des politiques Congolais sont dans les détournements, rétro commissions, mensonges. »
Elle reste cependant ouverte à l’idée, mais insiste sur l’importance de principes solides :
« Je peux faire de la politique un jour, mais avec beaucoup de principes, est-ce que ça marchera? », s’interroge-t-elle. «Je dois réfléchir avant de faire la politique en RD Congo. Le temps nous en dira plus».
Un Message d’amour et de Gratitude
Marianne YAV adresse un message à ceux qui lui sont chers :
« Je vous aime tous. Pensez toujours positif « . Je suis très fière de tous mes enfants, difficile de tous vous citer. Merci pour tous les sobriquets que vous m’avez attribués : la dame de fer, la dame aux verbes faciles, mama considération »
Elle exprime également sa gratitude envers ses aînés et formateurs qui ont contribué à son parcours : « Je suis très reconnaissante envers mes aînés professionnels et surtout mes formateurs : Jean- Pierre Kibambi Shintwa (maestro), Emmanuel Kipolongo Mokambilwa, d’heureuse mémoire , Chantal Kanyimbo Manyong, CT Vicky Élonga, Fortunat Shimba d’heureuse mémoire, et Paul kaboba.»
Marianne Mujing Yav Muland est une femme inspirante, dont le parcours et l’engagement dans le journalisme font d’elle un modèle à suivre pour les générations futures.
Ruth Kutemba
