Dans une interview accordée à Top news.cd, dans le cadre de la clôture des activités liées aux 16 jours d’activisme, Neuilly Kabena, journaliste indépendante et membre de l’ONG Afia Maman dont l’une des missions est de lutter contre ces violences, estime qu’il est important de sortir du silence, de briser la glace de la peur, afin de lutter contre toutes ces souffrances pouvant causer aux femmes un préjudice physique , sexuel ou psychologique.
« Cette violence affecte les femmes à tous les stades de leur vie, y compris l’éducation, l’emploi. De plus, les femmes et les filles qui se trouvent dans des situations vulnérables, sont exposées à des risques encore plus importants.
Rappelez-vous ! Il y a quelquefois, souligne-t-elle, une serveuse d’un bar a été tabassée par son client après avoir refusé ses avances. Et le cas de cette petite fille de la maternelle dont une vidéo est devenue virale. Tout le monde l’a vilipendé en traitant sa mère de manquer à son éducation. La raison : sa maitresse l’aurait traité de sorcière et la petite fille a tenu tête.
Avec toute son innocence, elle a craché les injures qu’elle entend autour d’elle sur son violenteur (à savoir la maitresse) Les cas sont légion et inquiétants. » Regrette Neuilly Kabena.
Pour cette militante des droits des femmes, la violence à l’égard des femmes continue d’être un obstacle à la réalisation de la paix et des Objectifs de développement durable (ODD).
« La violence à l’égard des femmes continue d’être un obstacle à la réalisation de l’égalité, au développement, à la paix et à la réalisation des droits fondamentaux des femmes et des filles dans mon pays, la RDC. Et la promesse des objectifs de développement durable (ODD) qui précise
: « Ne laisser personne de côté », ne peut être remplie sans mettre fin à la violence à l’égard des femmes et des filles. » Renchérit-elle.
L’activiste poursuit :
« Au sein de notre ONG, notre sensibilisation est centrée sur la lutte contre les VBG. L’approche genre et le leadership féminin. Madame la Directice Générale Anny Modi en a fait écho récemment à la tribune du Conseil de sécurité des Nations Unies. Les 16 jours d’activisme que nous entamons aujourd’hui sont donc une occasion de renouveler notre engagement et de demander aux décideurs de rendre des comptes et d’agir. »
Elle conclut en saluant le travail acharné des femmes qui militent pour combattre toutes ces violences dans leur foyer, sur leur lieu de travail et au sein de leur communauté respective.
Ruth KUTEMBA
